Premières visites à nos institutions

Premières visites à nos institutions

L'Europe des citoyens ne se résigne pas à la fatalité d'une dé-construction européenne dans laquelle les populistes de tout crin embarquent des peuples las et inquiets. Pas de résignation dans notre action mais au contraire, une détermination à réagir pour inverser la tendance et ré-enchanter le rêve européen. Cette démarche passe notamment par la rencontre des femmes et des hommes qui sont à ce jour au cœur de la démocratie européenne, car celle-ci, loin d'être une chimère, existe véritablement et doit s'affirmer comme telle aux yeux des citoyens afin de leur rendre pouvoir et espoir. Ces dernières semaines, nous sommes donc partis au contact des eurodéputés.

Nos premières rencontres furent intéressantes et constructives, si ce n'est passionnantes, avec des individus mus par une même volonté pro-européenne, dans le souci de l'intérêt commun, quelque soit ou fut leur place sur l'échiquier politique européen. Comme nous ne pouvons nous adresser aux représentants de 28 pays avec la même facilité, nous concentrons notre action sur les parlementaires francophones, plus particulièrement français.

Le constat précédent est unanimement partagé : l'Europe est en panne, fragilisée par ses atermoiements institutionnels et politiques. Elle l'est d'autant plus que l'influence française y est en grave déclin, suite aux terribles résultats des élections européennes de juin 2014 qui ont expédié au Parlement européen une importante part eurosceptique. Mais il existe fort heureusement une envie réelle et puissante d'aller de l'avant malgré tout, en profitant notamment de l'année 2017 au cours de laquelle l'élection présidentielle sera l'occasion de poser plus que jamais la double question du projet européen et de la place de la France en Europe.

De Jean Arthuis à Jean-Luc Mélenchon, d'Édouard Martin à Françoise Grossetête, nous avons échangé avec des parlementaires soucieux des équilibres du monde, pas uniquement focalisés sur l'espace marchand auquel se résume trop souvent l'Union Européenne. Conscients de la fracture croissante avec les citoyens, ils ont accepté l'idée de réinterroger le rôle du Parlement, face aux autres institutions, d'aborder la souveraineté nationale à l'aune de la nécessaire mutualisation européenne, d'évoquer enfin le rôle du parlementaire face aux États.
À l'heure où les démagogues exploitent les difficultés et les failles de l'Union européenne dans le seul but de s'accaparer le pouvoir dans un certain nombre de pays où règne une fébrilité qui les sert opportunément, la journée du 9 mai, Fête de l'Europe, fut l'occasion de revenir sur la philosophie même du mécano européen, sans pour autant nier le questionnement légitime sur les frontières, l'espace Schengen et la politique migratoire, diversement appréciés en fonction des situations démographiques, socio-économiques et culturelles nationales.

L'Europe des citoyens veut aller plus avant et réfléchir avec les parlementaires sur le seul pouvoir qui vaille, le pouvoir démocratique, celui des peuples, afin qu'il soit exercé par des députés présents au cœur de leurs grandes circonscriptions, dans leur pays respectif et réunis dans l'esprit des pères fondateurs, le tout pour donner un indispensable nouveau souffle à la construction européenne.
L'Europe des citoyens souhaite par ses interventions, à l'instar de sa présence pendant les sessions à Bruxelles et à Strasbourg, alimenter le débat et mettre en réseau les acteurs fédéralistes de l'Europe, et éventuellement faire entendre la voix des citoyens au moment où sera choisi le prochain Président du Parlement. En effet, dans quelques mois, le PPE devrait succéder au PSE à ce poste éminent. Peut-être est-il temps que les peuples se manifestent en faveur d'un Président fort, indépendant de la Commission et des chefs d'État. Voilà de quoi nourrir nos prochains débats.