Discours sur l'Etat de l'Union

Discours sur l'Etat de l'Union

 

Brexit et crises en tous genres non résolues, jamais l’Union européenne n’avait connu une telle période de trouble, c’est en substance ce qu’a exposé Jean-Claude Juncker mercredi 14 septembre à Strasbourg. Face à l’enjeu, la feuille de route proposée par le Président de la commission semble mince. L’ancien Premier ministre luxembourgeois a insisté sur le besoin d’une Europe plus sociale et a annoncé un plan de relance sur 12 mois.

Moins de trois mois après le brexit et à la veille du sommet de Bratislava destiné à donner une nouvelle impulsion à l’Europe, le « discours sur l'état de l'Union » qui aura duré 50 minutes aura eu le mérite de la clarté du constat. « Je ne viens pas vous dire que dorénavant tout va bien. Notre Union traverse une crise existentielle et nous devons nous mettre au travail », a affirmé Jean-Claude Juncker avant de promettre un « agenda positif d'actions européennes concrètes pour les douze prochains mois ». Douze mois cruciaux selon lui pour « rendre l'Europe meilleure » et qui doivent reposer quatre piliers : « l'Europe qui protège », l'Europe qui « préserve notre mode de vie », l'Europe qui « renforce le pouvoir des citoyens » et l'Europe qui « défend ».

Vers une Europe plus sociale

A six mois du mi-mandat, le Président de l’exécutif a promis de lutter contre l’injustice  considérant que l’Europe n’est pas assez sociale et qu’il faut y remédier. « Je ne peux pas et ne veux pas accepter que la jeune génération soit la première depuis 70 ans à avoir des conditions de vie plus précaires que la génération de ses parents ».

Sur l’épineuse question des réfugiés, Jean-Claude Juncker est apparu comme résigné, après des mois de comptes d’apothicaires et de refus massifs,  en admettant que la solidarité était affaire de volontariat « venant du cœur et ne devant pas être imposée ».

Dans ce grand oral, il aura fallu attendre près d’une demi-heure pour entendre les premières annonces assez décevantes : déploiement des communications mobiles en 5G, accès Wifi gratuit dans les villes d’Europe, refonte des règles du droit d’auteur et création d’un corps européen de solidarité pour répondre aux crises comme celle des réfugiés.

Dans le volet de la lutte contre le terrorisme, Jean-Claude Juncker s’est engagé à mettre en place un système d’enregistrement des entrées sur le territoire de l’UE basé sur le modèle européen.

Gare à la désunion

Ce discours n'aura finalement pas permis d'avancer concrètement sur les contours de la réforme nécessaire à l'UE. Le président a davantage servi un message politique tout en positionnant la Commission comme une instance à la fois active et proche des préoccupations des citoyens. Mais cette bonne volonté affichée ne cache pas une réalité cruelle car les Etats sont profondément divisés sur l’avenir de l’Europe : économie, immigration, lutte contre le terrorisme, l'approfondissement de l'union, sont autant de questions qui séparent les 27 et paralysent une union sur la défensive depuis le Brexit. Sur ce sujet, Jean-Claude Juncker a martelé que  l'Europe dépassera cette épreuve souhaitant que le Royaume Uni fasse sa demande officielle de sortie très rapidement afin de rassurer les investisseurs.

Pour conclure son intervention, le Président a mis en garde contre le « populisme »  qui « ne résout pas les problèmes, mais les apporte ». Selon Jean-Claude Juncker, l’Europe est  toujours très forte, mais ne doit pas prendre le risque de gaspiller son potentiel en querelles internes et crises identitaires.

Enfin, Jean-Claude Juncker a posé la question de la transmission aux générations futures et a appelé à la responsabilité des eurodéputés devant l’Histoire. Bref, plus d’Europe pour faire face à la désunion.

 

Crédit photos : L'Europe des Citoyens
Rédacteur : L'Europe des Citoyens